#Newsfeed 06/2015

Un mois de juin riche en actualités. Evidemment, il y a eu le MIDEM (notre compte-rendu ici), mais beaucoup d’autres choses :

Big Data sets the pace of music | #MIDEM2015

big data sets the pace of music

Date : 07/06, Day 3

 

Intervenants

 

Dominique Delport ouvre le panel : pour lui, le meilleur exemple d’un bon usage du big data ne se trouve pas dans la musique ou le business mais dans le healthcare : en agrégeant des données sur les réactions d’enfants prématurés à un traitement, les médecins disposent d’informations capitales. Dans ce cas, le Big Data permet de sauver des vies. Dans les autres industries, comme les compagnies aériennes ou le voyage en général, le Big Data est essentiel au service client. Avec les objets connectés, 2,5 Bn de personnes sont sur la même plateforme (internet des objets). Les gens deviennent le media.

 

Pour Jennifer Hanser, il n’existe pas d’industrie où il y a plus de données que dans l’industrie de la musique. Cela commence le matin avec l’alarme du réveil, se poursuit sur le chemin du travail, puis en musique de fonds, jusqu’au bar où l’on va prendre un verre. Le fait de pouvoir comprendre le moment où un utilisateur a entendu un titre pour la première fois, l’a cherché sur Google, l’a regardé sur Youtube, l’a ajouté à Spotify, l’a acheté sur iTunes, est riche en promesses.

 

Kobalt gère des milliards de données de ventes. Paul Hitchman explique que l’entreprise s’engage à être complètement transparente vis-à-vis des ses données. Processer toutes ces données et les présenter de manière simple avec la possibilité d’approfondir est un challenge. Il est important que chacun puisse comprendre ce que Kobalt fait avec leurs données.

 

Le service de Rishi Malhotra est souvent appelé “le Spotify indien”. Saavn compte 15M d’utilisateurs. Selon lui, une entreprise tout entière devrait manger de la data au petit-déjeuner. La raison de vivre de Saavn, c’est les DAU (Daily Active Users). Il y a deux ans, Saavn comptait 5M d’utilisateurs et a commencé à envoyer des push à ses utilisateurs. Problème : les mêmes notifications étaient envoyées à tout le monde. Ca ne marche pas : il faut être spécifique. Lorsque Saavn a commencé à l’être, le service a vu sa base utilisateur prospérer. C’est un plaisir pour les utilisateurs mais cela demande une grosse puissance de cloud computing ainsi que des terabytes de données. Néanmoins, le contexte est roi : plus la recommandation est personnelle, plus le produit semble anticiper les goûts de l’utilisateur. Et cela évite d’envoyer de mauvais messages.

 

Steve Savoca explique que Spotify fait énormément de choses avec les données, et qu’elles sont principalement utilisées pour prendre des décisions en terme de business, avec les partenaires. Les données permettent aux partenaires de comprendre le business model et son économie. Elles permettent également d’améliorer l’expérience utilisateur. Lorde, par exemple, s’est retrouvée dans l’une des playlists les plus suivies de Spotify : cela lui a apporté une découverte massive, et de nombreux streams. Mais le nombre de streams demeure un indicateur peu intéressant : ce qui compte vraiment, c’est ce qui se trouve derrière. Les streams amènent le partage, et le partage la découverte. C’était la première fois que Spotify voyait le pouvoir de la playlist, auquel il croyait dur comme fer mais dont il n’avait jamais été témoin. Ce processus a ensuite été intégré à la stratégie de développement des artistes.

 

Au sujet du A&R, Paul pense que les lignes ont bougé. Auparavant, les influenceurs étaient la presse et la radio. Kobalt essaie d’identifier des artistes émergents. Auparavant, un certain ROI était espéré sur la sortie d’un disque. Aujourd’hui, ce ROI prend plus de temps. Les données deviennent importantes pour identifier de nombreuses sources. On est plus dans un contexte on l’on prévoit X mille ventes d’un album dans la première semaine. Il s’agit de prévoir la complexité commerciale et les cashflows. Pour Paul, le but de Kobalt est de donner des possibilités aux artistes. Et pour développer une carrière, il faut des outils. Avec ces outils, les artistes investissent sur eux-mêmes, en sachant ce qu’ils font bien et ce qu’ils font mal.

 

Steve revient ensuite sur le rachat d’Echonest : ce n’est pas en soi le rôle d’un service de développer un artiste, alors est-ce que l’on doit attendre cela de Spotify dans le futur ? Pour ce faire, Spotify doit comprendre un certain nombre de clé, la plus important résidant dans le contexte qui entoure son catalogue de 30M de titres.

 

Rishi, de son côté, utilise le negative data : en regardant aux recherches échouées de ses utilisateurs, il sait ce qui est trending et quel contenu acquérir. Il marrie ainsi l’humain et l’algorithmique. Encore une fois, l’objectif final est le plaisir de l’utilisateur ; mais si les recommandations ne sont pas spot on, on perd l’utilisateur.

 

Dominique explique qu’il faut recommander à l’utilisateur ce qu’il devrait aimer ou regarder. Sur Netflix, par exemple, 70% des contenus regardés ont été recommandés. Il faut donc réétudier les algorithmes pour les rendre plus humains. Le Big Data, c’est avant tout des données à propos des gens. Il s’agit d’augmenter la valeur de la musique pour l’artiste, pour le fan, pour le festivalier… Il ne s’agit pas de vendre de la publicité ou des produits, mais d’améliorer l’expérience utilisateur. A ce jour, les 20 entreprises principales dans la data sont américaines ou asiatiques. Il est essentiel que des européens émergent, pour préserver la diversité et la pluralité de l’écosystème, et surtout éviter tout type de verrouillage par quelque société que ce soit.

 

Jennifer, elle, n’a pas peur des algorithmes exploitant des données. Elle s’inquiètera le jour où ce sont eux qui écriront les chansons.

 

 

 

Mais alors, qui possède les données rassemblées ?
 

 

Paul répond que les droits des utilisateurs demeurent. La société utilise les données, les stocke, et offre des outils pour les analyser. Mais les artistes doivent rester propriétaires de leurs données.

 

Rishi fait remarquer que dès que vous déballez votre téléphone, ou que vous l’allumez ou le déverrouillez, il se transforme en beacon. La vraie question n’est plus qui possède le données, mais la transparence et avec qui ces données sont partagées. Il ne s’agit pas d’analyser les données d’un individu, mais d’un groupe d’anonymes. Ensuite, l’idée est d’utiliser ces données pour faire progresser l’économie musicale. Pour lui, les données ont sauvé l’industrie musicale. Les CDs n’avaient pas de données. Les MP3 peu. Avec le streaming, on a chaque extrémité de la chaîne de valeur : ce que l’utilisateur a écouté avant, après, ce qu’il faisait, à quelle playlist il a ajouté le titre…

 

Pour Paul, les données doivent pouvoir couler d’un point à l’autre, mais ce n’est pas encore le cas : elles s’arrêtent généralement aux majors. Soit les majors n’ont pas la technologie nécessaire pour présenter les données aux artistes, soit elles ne leur présentent pas parce qu’elles pensent pour une raison ou un autre que cela leur donne un ascendant.

 

Steve insiste sur le fait que la donnée devrait être libre, mais pour autant elle a une valeur. Les labels comprennent que la donnée et une partie de la valeur apportée aux artistes. Pour lui, la clé est que les artistes voient les données et les comprennent. Auparavant, on se demandait combien de streams équivalaient à un téléchargement. Mais encore une fois, ce n’est pas le sujet. Le sujet est ce qui se passe derrière le stream.

 

Rishi prend l’exemple de Taylor Swift : dans ce cas, la major savait qu’elle avait dans les mains l’un des albums de la décennie. Ils ont utilisé les données pour une analyse transactionnelle et ont pris la décision de retirer l’album de tous les services, excepté Youtube.

 

Concernant la transparence, Jennifer espère qu’on en arrivera au point où les utilisateurs sont propriétaires de leurs données, et les proposent aux services et marketers. Il faut avoir l’intégrité de respecter la vie privée de l’utilisateur. Certains programmes proposent de bénéficier de différents services de manière anonyme, mais les gens cherchent également une expérience, que seule la donnée permet d’offrir.

 

Concernant la relation aux marques, Dominique fait remarquer qu’elle doit être pertinente. La marque ne doit pas être présente sous forme de papier peint, pour simplement afficher son logo. Le partenariat d’Uber avec Spotify a du sens : ce faisant, les deux sociétés améliorent l’expérience de leurs utilisateurs.

 

Steve rebondit avec cette vérité : tout le monde n’est pas un superfan. Si l’on veut reconstuire une économie d’accès scalable, il faut s’adresser à une foule bien plus vaste que les superfans. Même si un utilisateur a une relation casual à la musique, il est possible de designer la bande-son de sa journée. En délivrant la musique appropriée au moment où l’utilisateur court, se rend au travail, se couche, on crée une expérience suffisamment valorisable pour l’utilisateur.

 

Pour Paul, il est tout à fait possible que les fans finissent par devenir loyaux à la marque Spotify plutôt qu’à l’artiste. C’est une relation entre les fans et un service. Ce n’est pas la manière dont nos parents écoutaient de la musique, mais Spotify devient l’ami en qui vous avez confiance, et qui joue la musique que vous allez aimer. Paul n’a pas d’opinion sur ces faits : bien ou mal, c’est la direction que nous prenons.

 

Les questions sont ouvertes au public, et je fais remarquer que l’on a surtout parlé de données concernant la musique enregistrée. Qu’en est-il du live ?

 

Evidemment, des acteurs comme Bandsintown, Songkick ou les différents services de billetterie occupent déjà ce terrain. Pour Paul, la question devient alors “Comment connecter les deux” ?

 

Rishi explique que la programmation de Coachella est en partie basée sur la data, en fonction de ce qui buzz au moment du festival. C’est grâce aux données de services de streaming et de bitly que Hozier a été programmé cette année.

 

Steve donne ensuite l’exemple d’un agent à Nashville qui a signé un artiste après avoir vu ses données Spotify. L’artiste tourne maintenant dans tous les Etats-Unis.

Economic models of the music business today in Brazil | #MIDEM2015

music business today in Brazil
Date : Samedi 06/06, Day 2

 

Intervenants :
  • Bruno Boulay – Modérateur
  • Ulises Gasparini – iMusica
  • Connie Lopes – ZooCom Eventos
  • Wagner Palazzi – Label SESC-SP
  • Bernardo Pauleira – Embolacha Projetos Criativos
  • Leandro Ribeiro Da Silva – Brasil Music Exchange
  • Ulises Gasparini

 

Le panel « Economic models of the music business today in Brazil » est l’occasion de faire le point sur ce qu’il se passe au Brésil, tant sur le live que sur le digital, le crowdfunding, ou le consulting pour lancer des artistes dans ce pays, ou à l’inverse lancer des artistes brésiliens ailleurs dans le monde.

 

Connie Lopes ouvre le panel avec ce fait : le Brésil a consolidé sa position parmi les pays offrant des lives majeurs, d’artistes nationaux et internationaux. Le pays arrive ainsi en seconde place en Amérique latine derrière le Mexique, et prévoit une croissance de 34% jusqu’en 2018. Le marché génère aujourd’hui $120M de revenus, et devrait atteindre $160M en 2018. Connie préfère investir dans des festivals “spéciaux” plutôt que massifs, suivant une thématique précise, afin de proposer plus que de l’entertainment, comme Back2Black par exemple, festival de culture africaine.

 

Wagner Palazzi présente ensuite SESC, qui participe a des projets éducatifs, distribuant des bourses en ayant pour objectif une transformation sociale. Quel rapport avec la musique live, alors ? SESC possède 500 antennes dans tout le Brésil, et à travers des activité de label et d’organisateurs de live, permet à des artistes d’émerger et d’exister sur la scène brésilienne.

 

Le Brésil est un marché spécifique, avec ses propres particularités. Le crowdfunding, par exemple, y rencontre un certain succès. Bernardo Pauleira raconte ensuite que pour lui, tout a commencé parce qu’il est musicien. En tant que musicien, il a rencontré des difficultés à trouver des investisseurs pour financer un album ou une tournée. Après 18 ans dans l’industrie musicale, il s’est aperçu que les artistes achetaient leurs albums pour les vendre à leurs propres concerts. Bernardo a joué dans la rue avec son groupe, et a écoulé 6000 albums en direct to fan. En constatant l’envolée de Kickstarter en 2010, il décide de fonder Embolacha. En tant que label, ils sont toujours en recherche de sponsors et d’opportunité. Si vous avec une fanbase et que vous y êtes connectés, vous pouvez faire beaucoup de choses avec votre public et développer vos idées.A ce jour, 1M de reales ont été récoltés et 50 albums sont parus grâce à la plateforme. Ces artistes n’auraient eu aucune chance de publier avec une major. Tout le monde connaît les grands noms. Embolacha veut pousser la nouvelle génération de compositeurs, de producteurs et d’artistes, à une nouvelle audience. Les Beatles ont commencé dans un club avec 200 personnes. C’est ce qu’on a sur la plateforme. Les projets durent entre 30 et 60 jours. Les fans donnent de l’argent en échange de récompenses, comme une copie du prochain album ou des places de concert. Les marques peuvent avoir des opportunités et s’associer à l’artiste.

 

Ulises Gasparini se souvient qu’iMusica a commencé à vendre du digital en 2000, alors que seulement 4% de la population brésilienne avait accès à Internet. En 2005, ils réalisent que les contenus digitaux sont particulièrement bien adaptés au mobile : ils commencent alors à développer une unité mobile au sein de la société. Ulises aborde ensuite 3 marchés brésiliens différents :
  • Streaming : immunisa possède sa propre plateforme de streaming. Le Brésil compte 300M de lignes mobiles, et le revenu moyen par utilisateur n’est que de $6 par mois, pour les services voix, messages et internet. Dès lors, il devient difficile de vendre un abonnement à $10 ou même $5. iMusica a donc mis en place un abonnement hebdomadaire, pour vendre le service en microbilliing.
  • Sonneries : 30% des revenus d’iMusica provenaient de la vente de sonneries en 2014. Les Brésiliens sont friands de ce genre de service, notamment parce qu’ils sont abordables. A l’origine, le service était présenté sous forme d’abonnement mensuel : 60 cents par opérateur téléphonique pour activer le service et 60 cents par chanson. Le service a ensuite été unifié : l’utilisateur a désormais accès au catalogue entier pour 30 cents par semaine. iMusica s’intéresse également à un autre modèle : au Brésil, 80% des abonnements sont prépayés, pour $2 ou $3 par semaine. iMusica père se greffer sur le renouvellement hebdomadaire pour proposer une expérience digitale en micropaiements.
  • Branded content : Coca Cola Fan, 24h de live content, music entertainment, interviews, très intéressant pour les adolescents, très différent du modèle publicitaire habituel. Le sponsoring est un très bon modèle pour les pays émergents.

 

Leandro Ribeiro Da Silva présente ensuite Brasil Music Exchange, qui a pour mission d’aider les sociétés musicales brésiliennes à développer des partenariats à l’international : développement de réseaux, speed meetings, organisation de missions… BME offre ainsi une visibilité à ces organisations sur des événements internationaux, comme le MIDEM ou le SXSW. BME est également présent à l’intérieur des frontières brésiliennes, invitant des acheteurs étrangers potentiels et leur faisant découvrir la scène musicale brésilienne. L’intelligence department étudie les marchés et apporte des informations aux organisations accompagnées. BME a également des partenariats avec des structures britanniques et américaines. Si vous cherchez des informations sur le marché musical brésilien, il est fort probable que BME soit en mesure de vous fournir des informations de qualité.

 

Répondant à une question sur la spécificité régionale du Brésil en raison de sa langue, Bernardo explique que le Brésil est un marché très orienté sur le local, Entre 70% et 80% des contenus téléchargés et streamés ont Brésil sont ceux d’artistes brésiliens. C’est également le cas dans les autres pays sud-américains, dans une proportion moindre. Certains rythmes et artistes sont particulièrement populaires dans des régions spécifiques. Pour se développer au Brésil, il est donc fondamental de s’adresser non seulement à des artistes locaux, c’est-à-dire non seulement brésiliens mais en plus régionaux.

Visionary Talks – Vania Schlogel, Chief Investment Officer, Tidal | #MIDEM2015

Tidal - Vania Schlogel

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants :

Tidal a été au coeur de la controverse après le buzz qui a suivi son lancement officiel. Il était donc fondamental de leur donner la parole.

 

Vania Schlogel insiste sur la nécessité de redonner une véritable valeur à la musique, et d’avoir ce débat dans l’industrie avec tous ceux qui  sont concernés. Est-ce que $9.99 constitue définitivement le juste prix ? Elle met dans le même temps en exergue un paradoxe : l’intérêt pour la musique va croissant, alors que sa valeur ne cesse de diminuer. La musique est différente des autres biens qui peuvent être vendus : intangible, elle nous rappelle souvent une personne, un lieu, un événement, un souvenir, et véhicule de nombreuses émotions. Elle insiste donc sur la nécessité pour nous tous de repartir avec l’idée de base que la musique a de la valeur : 93% des gens, tous segments confondus, écoutent de la musique au moins une fois par semaine.

 

Vania Schlogel évoque un autre souci : le jargon de l’industrie et la façon de s’adresser au public sont les mêmes (streaming…). Il est nécessaire selon elle de simplifier le discours qui est tenu aux consommateurs.

 

Enfin, Vania Schlogel revient sur les reproches qui ont été faits à Tidal, concernant leur rapport aux indépendants et aux émergents. Elle explique que de nombreux artistes indépendants et émergeants étaient associés au lancement de la plateforme, et ont été blessés par ce genre de propos. Tidal, par ailleurs, compte simplifier la possibilité pour les artistes d’être distribués sur la plateforme sans être signé.

How digital innovation enhances the live music business | #MIDEM2015

How digital innovation enhances the live music business

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants

  • Bill Werde – Modérateur
  • Billy Koh – Amusic Rights Management
  • Natalia Nastaskin – The Agency Group USA, Ltd.
  • Fabrice Sergent – Bandsintown
  • Fruszina Szép – Berlin Festival & Lollapalooza Berlin

« Citation : Nothing can replace the live experience. » Fruszina Szép – Berlin Festival & Lollapalooza Berlin

Lors du panel « How digital innovation enhances the live music business », ces amoureux du live discutaient de l’impact des évolutions technologiques sur la musique live. Le sujet est vaste et les discussions ont donc été variées. Bill a le sentiment que le live, aujourd’hui, pour la plupart des gens, c’est ce qui se passe de l’autre côté de l’écran. Mais la technologie permet également d’enrichir l’expérience.

 

Fruzsina Szép a annoncé que le festival Lollapalooza adoptera la technologie RFID dès l’année prochaine, présentant des avantages non-négligeables pour les festivaliers : waterproof, sous forme de bracelet donc plus difficile à perdre qu’un portefeuille… Et, comme le fait remarquer Bill, on a moins l’impression de payer avec un bracelet (pas de soldes de comptes).

 

Billy Koh nous a appris que le livestreaming était en forte croissance en Chine. Plusieurs plateformes existent mais une seule, METV, est payante : à 4$ le concert, elle parvient à toucher 1M de personnes, ajoutant ainsi $4M aux revenus d’un soir. Les plateformes gratuites, elles, peuvent toucher 3M à 5M de personnes par concert. La plupart des artistes présentés sont chinois, mais Linkin Park a récemment live streamé un concert ayant lieu aux USA, en Chine. Concernant la vidéo, Youtube est banni en Chine, mais il ne faut pas une journée pour qu’un contenu intéressant posté à l’étranger se retrouve de manière pirate sur une plateforme vidéo chinoise.

 

Fabrice Sergent a ensuite évoqué l’évolution de l’expérience du concert depuis que le smartphone s’est démocratisé. Ceci permet à Bandsintown de réunir de nombreuses données utiles qu’ils peuvent ensuite partager avec les artistes et les salles de concert.

 

Concernant le prolongement de l’expérience live, Fabrice confirme que nous allons tous sur Internet chercher des photos et des vidéos après un concert. Bandsintown envoie donc par email un scrapbook aux personnes ayant assisté à un live rassemblant différents contenus. Fruszina, de son côté, évoque le désormais traditionnel aftermovie des festivals, reprenant les moments les plus forts en émotion de l’événement.

 

A noter : Fabrice a publié ce soir quelques chiffres intéressants sur le sujet.

Looking ahead: exploring new digital trends and their accompanying tools | #MIDEM2015

digital trends in music

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants :

Claire Mas fait le point sur les tendances digitales dans la musique et en communication digitale aujourd’hui, les outils disponibles, et la marche à suivre pour les artistes sur cette question.

 

UGC

  • On est passé du like au partage et maintenant au User Generated Content
  • L’UGC n’a pas forcément bonne réputation, puisqu’il peut être vu comme du vol…
  • Mais d’un point de vue marketing, c’est un outil puissant
  • Des services comme Fusic (rencontre entre la musique et le selfie) ou encore le True Tube d’Avicii témoignent de cette tendance

 

Les plus connus des inconnus

  • Les influenceurs prennent une place de plus en plus importante (cf Pewdie Pie)
  • Ils sont présents sur un grand nombre de plateformes : Youtube, Instagram, Snapchat, Tumblr, Vine…
  • On leur reproche souvent de ne pas être monétisables, mais des exemples récents prouvent le contraire

 

Video Show Down

  • La vidéo est le nouvel or des réseaux sociaux
  • la pénétration mobile a rendu ceci possible, avec l’augmentation du débit notamment
  • Facebook s’est lancé avec succès sur ce segment, portant le premier coup à Youtube : d’un mois sur l’autre, Beyonce s’est mise à poster se vidéos sur Facebook
  • La vidéo bénéficie d’une audience bien plus importante que les autres contenus sur Facebook : Facebook a par ailleurs ajouté des possibilités de call to action et des services d’analyse statistique
  • Néanmoins, Facebook ne permet pas de les monétiser : il est donc conseillé de réserver les contenus courts à Facebook, et de continuer à poster sa musique sur Youtube
  • Facebook ayant ouvert la brèche, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés, mettant fin au monopole de Youtube : Twitter, Vessel, Chew, Twitch…

 

Les apps de messagerie instantanée

  • WhatsApp compte 700M utilisateurs, quand Facebook Messenger en rassemble 600M et WeChat 500M
  • Line compte 181M mais est plus adapté au partage musical : l’app est utilisée par Paul McCartney, Taylor Swift, Katy Perry, Linkin Park, Maroon 5… Elle permet d’envoyer un message à tous ses followers, et s’apprête à lancer un service de streaming

 

Snapchat

  • Snapchat compte aujourd’hui entre 100M et 200M d’utilisateurs, dont 100M daily active users
  • Snapchat est allé à l’encontre des codes et a enlevé la pression liée à la permanence des posts sur les réseaux sociaux pour les adolescents
  • Le service a ensuite lancé “Your story”, à mi-chemin entre public et privé
  • Snapchat permet également de poster de nombreux contenus qui, s’ils étaient publiés sur Facebook, prendraient une apparence plus confuse et désordonnée
  • C’est également un service qui engage de manière terriblement efficace : sur Snapchat, il faut rester appuyé pour voir le contenu, le consommateur n’est donc plus passif et fait preuve de proactivité vis à vis des contenus qu’il reçoit
  • Discover a également fait son apparition : Snapchat se moque du nombre de “likes”, l’app met en avant ceux qui créent du contenu intéressant
  • Enfin, un leak récent a révélé les ambitions de Snapchat dans la musique… Stay tuned!

 

Retargeting

  • Le retargeting est le fait de voir apparaître une pub sur Facebook pour les chaussures que vous avez regardées la veille sur Internet
  • Jugée comme intrusive, cette technique devient en revanche appréciée s’il s’agit d’annoncer la sortie d’un nouvel album ou d’une nouvelle tournée
  • Les sites officiels d’artistes ne sont pas les plus visités, il est donc plus intéressant de faire du retargeting depuis des plateformes comme Youtube
  • Il faut également prendre en compte le type de téléphone utilisé par le fan (difficile d’ouvrir un lien iTunes sur Android) et le fait qu’il soit connecté ou non au Wifi (plus de réticence à regarder une vidéo de 6 minutes sur son data plan)
  • Linkfire permet de générer des liens de tracking de manière très efficace

 

Curation

  • La curation est de plus en plus présente
  • Des plateformes comme Digster, Filtr, Playlistim se positionnent comme des influenceurs de bon goût
  • R et Digmark possèdent d’immenses bases de données de playlists
  • Les artiste devraient tous mettre en avant le bouton Spotify “Follow me”

On-demand, in-demand: deep diving into the needs of the always on fan | #MIDEM2015

Needs of superfans / Demandes des superfans

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants :

  • Mark Mulligan – MIDiA Research
« People are given a lot of ways to pay for music but very few reasons to do so.” Benji Rogers, Pledge Music CEO
En exclusivité pour le MIDEM, Mark Mulligan partageait les derniers résultats des recherches de MIDiA. Son intervention portait sur les changements rapides dans le comportement des fans de musique, et le fait que certaines des demandes des superfans ne sont toujours pas comblées par les services existants.

 

L’impact du streaming

 

  1. Beaucoup de choses ont changé
    • Les artistes et les fans sont plus proches que jamais
    • Payer pour de la musique est devenu un choix lifestyle
    • Les nouveaux modèles de label gagnent de la traction
    • Le concept de propriété évolue
    • Les modèles de streaming continuent de croître
    • Le gratuit et le on-demand dominent
  2. La radio mène toujours la danse, mais le streaming gagne rapidement du terrain
    • La réaction de l’industrie vis-à-vis du streaming à l’époque était la suivante : “Si j’ai fait x milliers de streams, alors combien d’albums en moins ai-je vendu ?”
    • Le streaming n’a pas nécessairement tué le P2P : le P2P allait sans doute s’éteindre seul, en même temps que le téléchargement
  3. Le live crée une relation long-terme avec les fans
    • Attendez-vous à un nombre croissant de festivals et de concerts dans les années à venir
  4. Le modèle d’abonnement fonctionne surtout si l’on vend quelque chose d’autre
    • De manière générale, beaucoup vendent autre chose. Apple vend certes de la musique, mais il n’est pas certain qu’iTunes soit si rentable. En revanche, cette plate-forme participe à propulser les ventes de Mac et d’iPhones
  5. Le streaming n’est ni de la vente au détail ni de la promotion : c’est les deux
    • Dès lors, quel produit permet-il de promouvoir ?
  6. Si le streaming remplace les autres sources de revenus, laquelle de ces sources doit être encouragée ?
  7. Le mobile est le nouveau visage du piratage
    • Et le piratage existe avec le support des grosses multinationales technologiques. Tant que Youtube existe, pourquoi payer pour Spotify ?
  8. Le gratuit est un problème de plus en plus complexe
    • Et la plus grosse part du gratuit, c’est la vidéo. Le P2P est minuscule à côté.

 

L’aficionado de musique

 

  1. L’aficionado de musique est le meilleur atour des artistes et des labels
    • Un petit groupe d’utilisateurs responsable d’une grosse part des revenus
  2. Une opportunité négligée
    • Un acheteur sur 5 est abonné à la chaîne Youtube d’un artiste
    • Les 5 chaînes Youtube d’artistes les plus importantes totalisent 70 millions d’abonnés
    • Mais le taux de pénétration de l’abonnement dans la plupart des marchés n’est que de 10%
    • Et seulement 4% des acheteurs supportent les artistes via les plateformes de crowd-funding
    • ➔ L’engagement du mainstream et de l’aficionado sont deux choses radicalement différentes

 

Trouver la poussière d’or

 

  1. Quand son voisin a trouvé de l’or, Samuel Brannan l’a crié dans le village…
    • Pourquoi ne s’est-il pas mis à creuser discrètement ? Parce qu’il vendait des pelles.
    • De même, Levi-Strauss a fait fortune en vendant des vêtements de travail à ceux venus pour la ruée vers l’or
  2. Le streaming est la ruée vers l’or. Il s’agit de trouver la pelle…
  3. Et la poussière d’or, c’est la relation artiste-fan
  4. Ainsi que le live, de par sa rareté
  5. L’expérience est le produit
    • Les prochains services à 360° ajouteront une dimension de curation à leur offre
    • Les vidéos musicales seront au coeur de l’expérience musicale
    • Elles devront être à jour, interactives, et réellement intéressantes dans leur dimension sociale
    • La curation nécessite de revenir à l’édition de contenu. Elle ne s’arrête pas à la simple création de playlists. La curation d’aujourd’hui paraît très artificielle, ce qui explique le succès toujours actuel de la radio. Beats amènera sans doute une dimension plus humaine.
  6. Les services d’abonnement constituent des plateformes toutes prêtes pour vendre aux super fans
    • Il faut trouver de nouveaux moyens de conserver l’attention de ces super-fans
    • Si vous aimez un artiste, vous voulez voir beaucoup plus que sa page Wikipedia, déjà lue et relue

 

Synthèse

 

  • Les abonnés sont l’élite des fans mais ne sont pas monétisés à leur potentiel réel
  • Il y a une déconnexion croissante entre l’engagement des fans et la réduction des dépenses
  • Les fans mainstream veulent une expérience lean back (consommation passive)…
  • Mais les superfans veulent plus de la part de leurs artistes favoris
  • Youtube prépare les fans à l’abonnement
  • Les nouveaux produits doivent être dynamiques, interactifs, sociaux, curated (DISC)
  • Assurez-vous que vous aussi, vous avez des pelles à vendre

 

Mark ajoute avant de conclure que les structures de régulation en Europe et aux US ne sont pas adaptées au monde technologique, ce qui explique le pouvoir des multinationales dans ce domaine. Les majors, quant à eux, ont eu le rôle de lobby pour l’industrie musicale ces dernières années, et se sont complètement plantés. Il ajoute que c’est aujourd’hui l’exclusivité qui fait vendre. Amazon Prime a ses propres contenus, tout comme Netflix a House of Cards.

 

Mark a publié cet après-midi un article sur son blog reprenant son intervention du MIDEM en détail. Un must-read.

Journey to investment | #MIDEM2015

invest in music startups - investir dans des startups musicales

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants :

 

Des entrepreneurs ont partagé leur expérience sur le processus de levée de fonds, et des investisseurs nous en ont dit un peu plus sur le processus suivi pour investir dans des startups musicales.

Alex White par exemple racontait comment il a monté Next Big Sound avec des amis à l’université, transformant la colocation en bureaux. La récente acquisition de Next Big Sound par Pandora a amené la discussion sur les stratégies d’exit. Investisseurs et entrepreneurs sont unanimes. Les entrepreneurs sont trop occupés à façonner leur impact et à mettre leur expertise en face du problème qu’ils ont identifié. Les investisseurs, quant à eux, lèvent le sourcil s’ils s’aperçoivent que la concentration des équipes est sur le sujet de la sortie… Alex White n’a jamais parlé exit avec ses équipes, ce qui n’a pas empêché la récente acquisition de Next Big Sound par Pandora.

 

Oscar Höglund ajoute que fonder une startup demande tant de travail et est tellement passionnant, stimulant et gratifiant, qu’il ne s’imagine pas faire autre chose. Le but est de donner à l’industrie musicale la forme que, selon la vision de la startup, elle devrait avoir.

 

Sur la question de la levée de fonds, Staffan Helgesson estime qu’il est beaucoup plus facile de lever dans la musique aujourd’hui qu’auparavant, maintenant que Spotify, Pandora et d’autres ont fait la trace. Avant, Last FM étaient les seuls à avoir connu le succès. Creandum s’est intéressé dès 2007 à Spotify, qui fait désormais partie de leur portfolio : quand une industrie se transforme, il faut être présent tôt. A l’époque, ils auraient pu attendre que les labels évoluent sur la question, mais alors ils seraient arrivés trop tard. L’année suivante, SoundCloud a gagné en popularité, mais le fonds, à l’époque, ne voulait pas plus d’une startup musicale à son actif.

 

Toutefois, s’il est plus facile qu’avant de lever dans la musique, il est toujours plus difficile de lever dans la musique que dans d’autres secteurs. Selon Jason Mandelson, cela tient en partie au fait que l’innovation demeure rare : “I don’t want spotify for X or next big sound for Y. I want Z.” Alex White remarque que même les investisseurs qui parient sur des startups musicales s’en cachent. Mais comme le remarque Jason, certaines startups musicales sont aussi aux confins d’autres secteurs, comme le Big Data.

 

Staffan explique que la première chose que des investisseurs regardent, c’est l’équipe, et ensuite le business model. Alors oui, il est nécessaire d’en avoir un dès le début — hormis quelques rares exceptions. Tout le monde a Twitter en tête, mais Twitter est une exception, pas un exemple. Ici, Staffan aurait aimé investir dans SoundCloud, mais était trop frileux à l’idée d’avoir deux startups musicales dans son portfolio. De toute manière, l’industrie musicale est une vieille industrie, qui jusqu’à il y a peu, ne connaissait que trois moyens de générer du revenu : vendre des albums, des tickets, et du merch.

 

En terme de repérage, sa méthode est opportuniste : il attend que les entrepreneurs viennent le voir avec des idées qu’il n’aurait jamais eues. Il conseille également de choisir des cofondateurs et investisseurs avec lesquels on se sent capable de travailler 10 ans, parce que c’est probablement ce qui va se produire.

 

Finalement, l’industrie musicale n’est pas si grosse : elle pèse moins globalement que le marché de la nourriture en Suède par exemple, ou que l’industrie du dentifrice. Mais personne n’a envie de parler de dentifrice. Tout le monde veut parler de musique.

#MIDEM2015 | Wrap Up

Day 1

 

Day 2

 

Day 3

  • Marketing – Music data as a competitive weapon
  • Big Data sets the pace for music
  • The MediaShaker’s Session – Social media analysis for MIDEM
  • Embracing entrepreneurship: new music business models

 

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