Adele bat des records, etc | #Newsfeed 11/2015

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La news du mois, c’est Adele qui vend 4 millions d’exemplaires de « 25 », son nouvel album, en 10 jours. Mais ce qui est génial pour Adele, ne l’est pas forcément pour les autres artistes.

Présence en ligne – Le marché du DIY | #MaMA2015

MAMA - Le marché du DIY

Date : 14/10/2015; Day 1

Fabrice Jallet – IRMgr
Emily Gonneau – CEO MyOpen Tickets
Sarah Schwaab – Marketing & Communication iMusician Digital
Gabriel Halle – Fondateur T.E.A.M.S.

 

Quel est l’état du marché du DIY aujourd’hui ?

Fabrice Jallet ouvre la conférence :

  • Depuis l’avènement d’internet, les artistes peuvent être visibles et avoir une vitrine via leur site ou leur blog
  • L’oeuvre – l’expression de l’artiste – est fixée sur support (CD).
  • Les contenus permettent aux fans d’écouter leur artiste même en son absence
  • Le live est la rencontre entre l’artiste et son public
  • Enfin arrive la gestion de l’image

 

Emily Gonneau confirme. On est passés d’un modèle où tout était délégué, à un modèle où l’on s’aperçoit qu’il y a certaines choses qu’il vaut mieux ne pas déléguer. Le premier shift vers le DIY, c’était Myspace. Aujourd’hui, on peut se connecter directement avec ses fans. Le DIY c’est avant tout une volonté : ce n’est pas résigné ou subi. Si on le veut, on peut déjà faire certaines choses soi-même.

Sarah Schwaab fait remarquer qu’Internet permet d’être visible, notamment vis-à-vis des pros.

Gabriel Halle cite l’exemple d’artistes qui se remettent en autoproduction, réalisant qu’ils n’ont peut-être pas intérêt à tout déléguer à leur maison de disque. Selon lui, quelle que soit leur notoriété, les artistes :

  • ont besoin d’outils pour le DIY
  • de savoir les gérer
  • doivent savoir communiquer avec les boîtes technologiques qui offrent les solutions
  • doivent avoir l’esprit d’entrepreneuriat.

Il y a donc deux cas de figure : l’artiste qui commence en DIY, et l’artiste déjà établi qui y revient.

 

Fabrice Jallet résume : « On parle donc d’un artiste entrepreneur qui chapeaute son projet, et décide de sa gestion.

Emily Gonneau met en garde sur la comparaison d’un artiste avec une startup. Beaucoup de questions, notamment celle de la valorisation, ne leur collent pas. Il faut bien parler d’un artiste entrepreneur et non pas d’un artiste entreprise. Au final, la question redevient toujours : « Comment est-ce qu’on nous trouve ? » C’est important avant tout d’être chez soi, et non-dépendant d’une plateforme. On peut ensuite faire le point avec les réseaux sociaux, et surtout, vers le réel. C’est fantastique d’avoir une présence digitale forte, mais ça n’a aucun intérêt si vous ne tournez pas.

 

Ces nouveaux réseaux sont-ils indispensables ? Faut-il être sur tous, peut-on se concentrer sur certains seulement ?

Gabriel Halle précise les choses : « Il ne faut pas prendre les choses à l’envers : ce sont des outils. Il faut avant tout se demander : ‘Qu’est-ce que j’ai à raconter ? Comment est-ce que je peux parler de moi ? Comment est-ce que je peux offrir une bonne expérience ?’ C’est ça qui va permettre de générer une communauté loyale autour de mon projet. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat ne sont que des outils pour transmettre cette histoire. Si tu es artiste et que ça te plaît de documenter ta vie avec des photos, Instagram est génial. Snapchat, pareil : si le mec est fun et sait faire le show, ça peut lui être utile. S’ils utilisent un outil qui ne leur sert à rien, effectivement, c’est inutile. Mais si vous n’avez rien à raconter à vos fans, vous avez beau faire de la bonne musique, ça risque d’être compliqué. »

« Quand on est artiste, on a forcément quelque chose à dire ! », martèle Emily Gonneau. Elle poursuit : « Généralement, les artiste se présentent en fonction de leur genre : ‘Je fais de la pop’, ‘Je fais de l’electro’… ça ne dit rien sur ce qu’ils apportent dans leur musique, leur message ! Quand on est artiste, on a forcément son regard sur le monde : c’est ça qu’il faut traduire sur Internet, faire passer par ses outils. On revient sur l’ADN de son projet, pourquoi je fais tout ça, ce que j’ai envie d’exprimer. »

Selon Gabriel Halle, un artiste a besoin d’être présent de différentes manières :

  • Sur son site web, qui constitue son point central de communication
  • Sur Facebook, parce que tout le monde est dessus
  • La vidéo et YouTube sont aussi indispensables
  • Et il faut que la musique de l’artiste soit disponible au plus grand nombre, donc présente sur Deezer, SoundCloud, iTunes, SoundCloud.

Emily Gonneau enchaîne sur la data : « Avant, on n’avait pas toutes les datas qu’on a maintenant. Maintenant qu’on en a, mais la question c’est qu’est-ce qu’on en fait ? Je fais tout ça pour quoi ? Pour amener les gens à un concert ? Pour avoir des retours de fans sur les influences de ma musique ? L’artiste doit se fixer avant d’investir ces outils. »

Le Graal ultime, c’est d’arriver à vendre directement sa musique à ses fans. Mais avant de penser à vendre, Gabriel Halle insiste sur la nécessité de créer une communauté autour de son projet : « Je connais des artistes qui pensent se mettre sur BandCamp, presser un vinyle en édition limitée… Moi j’ai tendance à conseiller de ne pas vendre, et à constituer sa communauté. Via du crowdfunding éventuellement. Avoir un univers graphique, une stratégie de contenus à distribuer gratuitement à ses fans et qui permette de faire grandir sa fanbase. C’est un travail qui peut durer plusieurs années, donc compliqué économiquement… J’ai un artiste, Piers Faccini, qui a 20 000 inscrits à sa newsletter, sa propre boutique, et déjà là c’est léger. Un groupe qui a un EP qui tourne bien et signe quelques dates, ça ne suffit pas pour vivre de sa musique. »

 

Fabrice Jallet enchaîne avec une question de taille : quelle est la différence entre un aggrégateur et un distributeur ?

Réponse de Gabriel Halle : L’agrégateur est un prestataire technique comme peut l’être Fuga, iMusician ou Believe avec Zimbalam. Il propose la publication et le suivi/reporting des titres sur les plateformes de téléchargement et de streaming notamment pour les artistes autoproduits. La distribution va plus loin que cette logisitique : le distributeur est un commercial qui assure aussi le marketing et la promo, avec sa stratégie.

Et une fois les titres référencés, que fait l’artiste ?

Au début, c’était possible de se mettre en avant en DIY. C’est plus compliqué aujourd’hui, surtout si on est sur une niche, explique Gabriel Halle. L’idée est donc de driver du trafic vers ma fiche iTunes ou ma playlist Spotify. Donc ne plus avoir à dépendre de mon aggrégateur. Soit iTunes décide de le mettre en avant, et là il fait office de prescripteur, soit l’artiste n’a pas besoin d’eux et il arrive à dire à son audience “Mon album est sur iTunes, allez l’acheter.” Les aggrégateurs, depuis quelques temps, intègrent des fonctionnalités sociales : Deezer développe le messaging vers les fans, Apple a développé Apple Music. Maintenant il faut raconter des choses y compris au sein-même du magasin. À l’inverse, SoundCloud, qui était juste une communauté, se transforme en service.

Pourtant, souligne Emily Gonneau, le DIY, à l’origine c’est de ne pas avoir d’intermédiaire…

Gabriel Halle attire notre attention sur le fait que les grosses productions reprennent les codes du DIY : c’est ce que fait Drake. « Piers Faccini compare ce qu’il fait au circuit court agricole : il y a une prise de conscience sur ce que les gens veulent acheter, comment ils l’achètent et à qui ils l’achètent. Le consommateur qui achète au producteur, c’est une tendance qui va aller croissant. »

Emily Gonneau enchaîne : « Amazon lance une plateforme pour concurrencer Etsy, avec du fait main uniquement… Un certain nombre de gros acteurs reprennent ces codes. On est peut-être pas en mesure de se passer de certains intermédiaires. Le DIY aujourd’hui, c’est peut-être d’être lucide et informé, et d’y aller les yeux ouverts, et de savoir pourquoi on y va. »

 

De nombreux services apparaissent pour se charger du tracking et de récupérer l’information autour de ces diffusion, c’est ce qu’on appelle les métadonnées. Sarah, vous avez travaillé sur ce sujet ?

« On a développé une plateforme qui permet de récupérer les métadonnées de chaque track de manière très qualifiée, ce qui est très important pour la gestion des droits. », répond Emily Gonneau. « Il y a une présence invisible de la musique en ligne, ces choses qu’on ne voit pas mais qui sont très importantes. »

« La musique peut être présente sur une multitude de services en ligne : YouTube, Spotify, Shazam… », poursuit Gabriel Halle. « Derrière, il y a des outils qui permettent de reverser des droits. Il y a cette nécessité d’avoir une base de son catalogue avec les métadonnées qui vont bien : code ISRC, date, auteur, compositeur, titre… Il est important que ces données soient centralisées quelque part, et renvoyées vers les différents sites. Et c’est de là que doit partir la donnée vers les différents services. »