Deezer repousse son entrée en bourse, etc | #Newsfeed 10/2015

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L’actualité principale de ce mois-ci, c’est le report de l’entrée en bourse de Deezer.

En vrac, les autres actualités de l’industrie musicale pour le mois d’octobre :

Vidéo live : l’avenir du spectacle | #MaMA2015

MAMA 2015 - Vidéo live

Date : 15/10/2015, Day 2

  • Mathias Milliard – Modérateur, IRMA
  • Ronan Leborgne – Cofondateur Sourdoreille
  • Samuel Thiebaut – Cofondateur Oléo Films
  • Pierre Eligny – Président Rhythm and Town

Les intervenants ouvrent la conférence en se présentant :

  • Sourdoreille est un collectif de réalisateurs et de journalistes qui a développé un média avant tout (chroniques, interviews) et toute une partie captation avec des réalisateurs, cadreurs, cameramen. Sourdoreille se déplaçait d’abord en festivals, et maintenant en concerts, sessions acoustiques et interviews. Il est important pour eux d’éditorialiser le propos. Sourdoreille réalise également des portraits et des formes plus documentaires, hybrides, comme les Contes du Paris Perché. CultureBox et Arte Concert sont ses deux diffuseurs principaux.
  • Oléo Films est une société de production audiovisuelle spécialisée dans le jazz et les musiques du monde. Elle réalise des saptations de concert, quelques documentaire, et travaille pour CultureBox, Arte Concert, France Ô et France 4. Oléo Films s’étend un peu vers d’autres musiques actuelles : rock, co-production avec Sombrero sur Beauregard, hip hop avec Mos Def, Hellfest et Vieilles Charrues.
  • Rhythm and Town propose une nouvelle expérience immersive du live, alliant 3 dimensions, 360° et réalité virtuelle. Les projets sont pensés pour YouTube avec un gros travail sur le référencement.

 

Le web a complètement transformé la captation : nouveaux diffuseurs, nouveaux formats… Un rapide survol sur l’évolution du marché de la captation ?

 

Ronan Leborgne répond le premier : « Nous sommes nés sur le web, on travaille moins avec des diffuseurs antennes, même si certains projets remontent parfois jusqu’à elles. A partir de 2011-2012, il y a eu un développement via les réseaux sociaux, et ça a modifié les contenus à travers les pratiques : on ne regarde pas de la vidéos live sur 1h ou 1h30. On est plus impatients, il faut donc capter le public différemment, avec de nouvelles manières. Les contenus sont pensés différemment, l’expérience utilisateur est chamboulée par la navigation. »

Samuel Thiebaut poursuit : « On peut filmer plus de choses, des esthétiques absentes de la télévision. Il n’y a pas de jazz à la TV, hormis en troisième partie de soirée, et un nombre de spectateurs équivalent à la marge d’erreur. Le web donne une plus grande surface pour les musiques en général. Le métal était inexistant sur les chaînes de TV, alors que c’est une niche et le premier fournisseur de vidéos live vues pour Arte Concert : plus d’1 million de vues cette année, ce qui est très loin de leurs chiffres habituels. Une production pour le web coûte moins cher que pour une antenne : ça passe de 1 à 30, pour des productions de qualité comparable. Et on peut tourner en HD voire en 4K, alors que France Ô est toujours en SD. »

Pierre Eligny nous parle ensuite des différents profils : « Pourquoi je vais regarder des films de concert ? Il y a différents types. Il y a ceux qui regardent un live entier, ça existe encore. Il y a ceux qui sont curieux, viennent découvrir et restent très peu de temps. Rhythm and Town est sur des formats qui parlent aux deux : une manière de présenter, un story telling, une rétention, avoir un début très efficace pour aussi satisfaire ces zappeurs… La réalité virtuelle est un nouveau média. Il y a la Google Cardbox pour 1 euro, bientôt l’Oculus Rift.  Il faut pouvoir attirer le regard dans la bonne direction, du son binaural, etc. »

Les effets pervers de la multiplication de l’offre de captation par rapport à la chaîne de financement publique

 

Samuel Thiebaut répond : « Le CNC est de fait le principal financeur de captations de spectacles vivants. Créé après la 2ème guerre mondiale, ses fonds viennent de la billetterie de cinéma, de la publicité sur les chaînes… Une partie du CNC soutient la captation de spectacles vivants à vocation patrimoniale. Une tempête a été soulevée début 2015. Le CNC s’est fait déborder par le nombre de demandes de la part de certains diffuseurs, sans compter le soutien automatique dès lors que l’on a répondu à certains critères. Ce n’est pas le cas des producteurs. Normalement, quand on remplit ces cirtères, on touche. Cette année, il y a eu plus de demandes que de budget.En 2015, l’argent demandé par les producteurs en 2014 n’a pas été accordé, ce qui représente une perte de 100 à 350 000 euros chacun pour ceux concernés. Le CNC durcit les conditions d’accès à son soutien. Ils veulent moins d’acteurs, et ils sont en train de durcir les conditions d’accès. »

Ronan Leborgne ajoute : « Aujourd’hui, il est très dur pour un jeune producteur de faire financer un projet qui sera diffusé uniquement sur le web. Jusque récemment, il fallait obligatoirement passer par un diffuseur TV local ou national. Il était devenu archaïque que ces projets nés de plateformes, sur des sites dédiés ou simplement inadaptés à la télé traditionnelle, ne rentrent pas dans la case d’éligibilité du CNC. »

« Ça a changé récemment », confirme Samuel Thiebaut. « Ils s’adaptent, c’est une question de survie. La musique représente 75% du volume du CNC. Elle est donc vraiment soutenue par le CNC. C’est 42% musiques actuelles, avant les musiques classiques (40%). 42% surtout représentés par Morgan. »

« Beaucoup de sociétés civiles peuvent rentrer en complément de ces financements », reprend Ronan Leborgne. « Le SCM soutient désormais uniquement les producteurs phonographiques. Ensuite il y a la SACEM, l’ADAMI, de 5 à 20K euros. Le CNC n’est pas la voix unique, même si c’est la voie principale. »

« Il y a de plus en plus d’entreprises qui mettent en place des projets avec la musique pour leur communication », rebondit Pierre Eligny. « Mais ce n’est pas le même budget, pas la même manière de produire et pas les mêmes attentes. »

Quid du livestreaming en salles de cinéma ?

« On a fait une tentative qui n’a pas abouti », répond Samuel Thibaut. Il y a eu un partenariat avec Pathé, 50 000 entrées le même soir, à 3€ l’entrée. Comme ce n’est pas une billetterie habituelle, ça peut être partagé à 50% entre le producteur ou le label. »

 

Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les producteurs de spectacle qui, rappelons-le,
n’ont à ce jour pas de droits.

Présence en ligne – Le marché du DIY | #MaMA2015

MAMA - Le marché du DIY

Date : 14/10/2015; Day 1

Fabrice Jallet – IRMgr
Emily Gonneau – CEO MyOpen Tickets
Sarah Schwaab – Marketing & Communication iMusician Digital
Gabriel Halle – Fondateur T.E.A.M.S.

 

Quel est l’état du marché du DIY aujourd’hui ?

Fabrice Jallet ouvre la conférence :

  • Depuis l’avènement d’internet, les artistes peuvent être visibles et avoir une vitrine via leur site ou leur blog
  • L’oeuvre – l’expression de l’artiste – est fixée sur support (CD).
  • Les contenus permettent aux fans d’écouter leur artiste même en son absence
  • Le live est la rencontre entre l’artiste et son public
  • Enfin arrive la gestion de l’image

 

Emily Gonneau confirme. On est passés d’un modèle où tout était délégué, à un modèle où l’on s’aperçoit qu’il y a certaines choses qu’il vaut mieux ne pas déléguer. Le premier shift vers le DIY, c’était Myspace. Aujourd’hui, on peut se connecter directement avec ses fans. Le DIY c’est avant tout une volonté : ce n’est pas résigné ou subi. Si on le veut, on peut déjà faire certaines choses soi-même.

Sarah Schwaab fait remarquer qu’Internet permet d’être visible, notamment vis-à-vis des pros.

Gabriel Halle cite l’exemple d’artistes qui se remettent en autoproduction, réalisant qu’ils n’ont peut-être pas intérêt à tout déléguer à leur maison de disque. Selon lui, quelle que soit leur notoriété, les artistes :

  • ont besoin d’outils pour le DIY
  • de savoir les gérer
  • doivent savoir communiquer avec les boîtes technologiques qui offrent les solutions
  • doivent avoir l’esprit d’entrepreneuriat.

Il y a donc deux cas de figure : l’artiste qui commence en DIY, et l’artiste déjà établi qui y revient.

 

Fabrice Jallet résume : « On parle donc d’un artiste entrepreneur qui chapeaute son projet, et décide de sa gestion.

Emily Gonneau met en garde sur la comparaison d’un artiste avec une startup. Beaucoup de questions, notamment celle de la valorisation, ne leur collent pas. Il faut bien parler d’un artiste entrepreneur et non pas d’un artiste entreprise. Au final, la question redevient toujours : « Comment est-ce qu’on nous trouve ? » C’est important avant tout d’être chez soi, et non-dépendant d’une plateforme. On peut ensuite faire le point avec les réseaux sociaux, et surtout, vers le réel. C’est fantastique d’avoir une présence digitale forte, mais ça n’a aucun intérêt si vous ne tournez pas.

 

Ces nouveaux réseaux sont-ils indispensables ? Faut-il être sur tous, peut-on se concentrer sur certains seulement ?

Gabriel Halle précise les choses : « Il ne faut pas prendre les choses à l’envers : ce sont des outils. Il faut avant tout se demander : ‘Qu’est-ce que j’ai à raconter ? Comment est-ce que je peux parler de moi ? Comment est-ce que je peux offrir une bonne expérience ?’ C’est ça qui va permettre de générer une communauté loyale autour de mon projet. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat ne sont que des outils pour transmettre cette histoire. Si tu es artiste et que ça te plaît de documenter ta vie avec des photos, Instagram est génial. Snapchat, pareil : si le mec est fun et sait faire le show, ça peut lui être utile. S’ils utilisent un outil qui ne leur sert à rien, effectivement, c’est inutile. Mais si vous n’avez rien à raconter à vos fans, vous avez beau faire de la bonne musique, ça risque d’être compliqué. »

« Quand on est artiste, on a forcément quelque chose à dire ! », martèle Emily Gonneau. Elle poursuit : « Généralement, les artiste se présentent en fonction de leur genre : ‘Je fais de la pop’, ‘Je fais de l’electro’… ça ne dit rien sur ce qu’ils apportent dans leur musique, leur message ! Quand on est artiste, on a forcément son regard sur le monde : c’est ça qu’il faut traduire sur Internet, faire passer par ses outils. On revient sur l’ADN de son projet, pourquoi je fais tout ça, ce que j’ai envie d’exprimer. »

Selon Gabriel Halle, un artiste a besoin d’être présent de différentes manières :

  • Sur son site web, qui constitue son point central de communication
  • Sur Facebook, parce que tout le monde est dessus
  • La vidéo et YouTube sont aussi indispensables
  • Et il faut que la musique de l’artiste soit disponible au plus grand nombre, donc présente sur Deezer, SoundCloud, iTunes, SoundCloud.

Emily Gonneau enchaîne sur la data : « Avant, on n’avait pas toutes les datas qu’on a maintenant. Maintenant qu’on en a, mais la question c’est qu’est-ce qu’on en fait ? Je fais tout ça pour quoi ? Pour amener les gens à un concert ? Pour avoir des retours de fans sur les influences de ma musique ? L’artiste doit se fixer avant d’investir ces outils. »

Le Graal ultime, c’est d’arriver à vendre directement sa musique à ses fans. Mais avant de penser à vendre, Gabriel Halle insiste sur la nécessité de créer une communauté autour de son projet : « Je connais des artistes qui pensent se mettre sur BandCamp, presser un vinyle en édition limitée… Moi j’ai tendance à conseiller de ne pas vendre, et à constituer sa communauté. Via du crowdfunding éventuellement. Avoir un univers graphique, une stratégie de contenus à distribuer gratuitement à ses fans et qui permette de faire grandir sa fanbase. C’est un travail qui peut durer plusieurs années, donc compliqué économiquement… J’ai un artiste, Piers Faccini, qui a 20 000 inscrits à sa newsletter, sa propre boutique, et déjà là c’est léger. Un groupe qui a un EP qui tourne bien et signe quelques dates, ça ne suffit pas pour vivre de sa musique. »

 

Fabrice Jallet enchaîne avec une question de taille : quelle est la différence entre un aggrégateur et un distributeur ?

Réponse de Gabriel Halle : L’agrégateur est un prestataire technique comme peut l’être Fuga, iMusician ou Believe avec Zimbalam. Il propose la publication et le suivi/reporting des titres sur les plateformes de téléchargement et de streaming notamment pour les artistes autoproduits. La distribution va plus loin que cette logisitique : le distributeur est un commercial qui assure aussi le marketing et la promo, avec sa stratégie.

Et une fois les titres référencés, que fait l’artiste ?

Au début, c’était possible de se mettre en avant en DIY. C’est plus compliqué aujourd’hui, surtout si on est sur une niche, explique Gabriel Halle. L’idée est donc de driver du trafic vers ma fiche iTunes ou ma playlist Spotify. Donc ne plus avoir à dépendre de mon aggrégateur. Soit iTunes décide de le mettre en avant, et là il fait office de prescripteur, soit l’artiste n’a pas besoin d’eux et il arrive à dire à son audience “Mon album est sur iTunes, allez l’acheter.” Les aggrégateurs, depuis quelques temps, intègrent des fonctionnalités sociales : Deezer développe le messaging vers les fans, Apple a développé Apple Music. Maintenant il faut raconter des choses y compris au sein-même du magasin. À l’inverse, SoundCloud, qui était juste une communauté, se transforme en service.

Pourtant, souligne Emily Gonneau, le DIY, à l’origine c’est de ne pas avoir d’intermédiaire…

Gabriel Halle attire notre attention sur le fait que les grosses productions reprennent les codes du DIY : c’est ce que fait Drake. « Piers Faccini compare ce qu’il fait au circuit court agricole : il y a une prise de conscience sur ce que les gens veulent acheter, comment ils l’achètent et à qui ils l’achètent. Le consommateur qui achète au producteur, c’est une tendance qui va aller croissant. »

Emily Gonneau enchaîne : « Amazon lance une plateforme pour concurrencer Etsy, avec du fait main uniquement… Un certain nombre de gros acteurs reprennent ces codes. On est peut-être pas en mesure de se passer de certains intermédiaires. Le DIY aujourd’hui, c’est peut-être d’être lucide et informé, et d’y aller les yeux ouverts, et de savoir pourquoi on y va. »

 

De nombreux services apparaissent pour se charger du tracking et de récupérer l’information autour de ces diffusion, c’est ce qu’on appelle les métadonnées. Sarah, vous avez travaillé sur ce sujet ?

« On a développé une plateforme qui permet de récupérer les métadonnées de chaque track de manière très qualifiée, ce qui est très important pour la gestion des droits. », répond Emily Gonneau. « Il y a une présence invisible de la musique en ligne, ces choses qu’on ne voit pas mais qui sont très importantes. »

« La musique peut être présente sur une multitude de services en ligne : YouTube, Spotify, Shazam… », poursuit Gabriel Halle. « Derrière, il y a des outils qui permettent de reverser des droits. Il y a cette nécessité d’avoir une base de son catalogue avec les métadonnées qui vont bien : code ISRC, date, auteur, compositeur, titre… Il est important que ces données soient centralisées quelque part, et renvoyées vers les différents sites. Et c’est de là que doit partir la donnée vers les différents services. »

Le Hellfest nous en met plein la vue, etc – #NEWSFEED 09/2015

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L’actualité principale de ce mois-ci, c’est la performance du Hellfest, qui ouvre sa billetterie sans avoir annoncé sa programmation.

En vrac, les autres actualités de l’industrie musicale pour le mois de septembre :

Identifier les produits disruptifs & else – #NEWSFEED 08/2015

Newsfeed 08/2015 - Identifier les produits disruptifs

Vous avez passé de bonnes vacances ?

L’actualité principale du mois, c’est cet article qui propose 4 moyens pour les musiciens et les labels d’identifier les produits disruptifs avant les autres. Smells like LiveSparks spirit ?

En vrac, les autres actualités de l’industrie musicale pour le mois d’août.

Profil des superfans & else – #NEWSFEED 07/2015

Newsfeed 07/2015 - Profil des superfans

L’actualité principale de ce mois-ci, c’est la sortie du rapport de MIDiA Research sur le profil des superfans et leurs attentes. On en avait parlé en juin.

En vrac, les autres actualités de l’industrie musicale pour le mois de juillet :

#Newsfeed 06/2015

Un mois de juin riche en actualités. Evidemment, il y a eu le MIDEM (notre compte-rendu ici), mais beaucoup d’autres choses :

Big Data sets the pace of music | #MIDEM2015

big data sets the pace of music

Date : 07/06, Day 3

 

Intervenants

 

Dominique Delport ouvre le panel : pour lui, le meilleur exemple d’un bon usage du big data ne se trouve pas dans la musique ou le business mais dans le healthcare : en agrégeant des données sur les réactions d’enfants prématurés à un traitement, les médecins disposent d’informations capitales. Dans ce cas, le Big Data permet de sauver des vies. Dans les autres industries, comme les compagnies aériennes ou le voyage en général, le Big Data est essentiel au service client. Avec les objets connectés, 2,5 Bn de personnes sont sur la même plateforme (internet des objets). Les gens deviennent le media.

 

Pour Jennifer Hanser, il n’existe pas d’industrie où il y a plus de données que dans l’industrie de la musique. Cela commence le matin avec l’alarme du réveil, se poursuit sur le chemin du travail, puis en musique de fonds, jusqu’au bar où l’on va prendre un verre. Le fait de pouvoir comprendre le moment où un utilisateur a entendu un titre pour la première fois, l’a cherché sur Google, l’a regardé sur Youtube, l’a ajouté à Spotify, l’a acheté sur iTunes, est riche en promesses.

 

Kobalt gère des milliards de données de ventes. Paul Hitchman explique que l’entreprise s’engage à être complètement transparente vis-à-vis des ses données. Processer toutes ces données et les présenter de manière simple avec la possibilité d’approfondir est un challenge. Il est important que chacun puisse comprendre ce que Kobalt fait avec leurs données.

 

Le service de Rishi Malhotra est souvent appelé “le Spotify indien”. Saavn compte 15M d’utilisateurs. Selon lui, une entreprise tout entière devrait manger de la data au petit-déjeuner. La raison de vivre de Saavn, c’est les DAU (Daily Active Users). Il y a deux ans, Saavn comptait 5M d’utilisateurs et a commencé à envoyer des push à ses utilisateurs. Problème : les mêmes notifications étaient envoyées à tout le monde. Ca ne marche pas : il faut être spécifique. Lorsque Saavn a commencé à l’être, le service a vu sa base utilisateur prospérer. C’est un plaisir pour les utilisateurs mais cela demande une grosse puissance de cloud computing ainsi que des terabytes de données. Néanmoins, le contexte est roi : plus la recommandation est personnelle, plus le produit semble anticiper les goûts de l’utilisateur. Et cela évite d’envoyer de mauvais messages.

 

Steve Savoca explique que Spotify fait énormément de choses avec les données, et qu’elles sont principalement utilisées pour prendre des décisions en terme de business, avec les partenaires. Les données permettent aux partenaires de comprendre le business model et son économie. Elles permettent également d’améliorer l’expérience utilisateur. Lorde, par exemple, s’est retrouvée dans l’une des playlists les plus suivies de Spotify : cela lui a apporté une découverte massive, et de nombreux streams. Mais le nombre de streams demeure un indicateur peu intéressant : ce qui compte vraiment, c’est ce qui se trouve derrière. Les streams amènent le partage, et le partage la découverte. C’était la première fois que Spotify voyait le pouvoir de la playlist, auquel il croyait dur comme fer mais dont il n’avait jamais été témoin. Ce processus a ensuite été intégré à la stratégie de développement des artistes.

 

Au sujet du A&R, Paul pense que les lignes ont bougé. Auparavant, les influenceurs étaient la presse et la radio. Kobalt essaie d’identifier des artistes émergents. Auparavant, un certain ROI était espéré sur la sortie d’un disque. Aujourd’hui, ce ROI prend plus de temps. Les données deviennent importantes pour identifier de nombreuses sources. On est plus dans un contexte on l’on prévoit X mille ventes d’un album dans la première semaine. Il s’agit de prévoir la complexité commerciale et les cashflows. Pour Paul, le but de Kobalt est de donner des possibilités aux artistes. Et pour développer une carrière, il faut des outils. Avec ces outils, les artistes investissent sur eux-mêmes, en sachant ce qu’ils font bien et ce qu’ils font mal.

 

Steve revient ensuite sur le rachat d’Echonest : ce n’est pas en soi le rôle d’un service de développer un artiste, alors est-ce que l’on doit attendre cela de Spotify dans le futur ? Pour ce faire, Spotify doit comprendre un certain nombre de clé, la plus important résidant dans le contexte qui entoure son catalogue de 30M de titres.

 

Rishi, de son côté, utilise le negative data : en regardant aux recherches échouées de ses utilisateurs, il sait ce qui est trending et quel contenu acquérir. Il marrie ainsi l’humain et l’algorithmique. Encore une fois, l’objectif final est le plaisir de l’utilisateur ; mais si les recommandations ne sont pas spot on, on perd l’utilisateur.

 

Dominique explique qu’il faut recommander à l’utilisateur ce qu’il devrait aimer ou regarder. Sur Netflix, par exemple, 70% des contenus regardés ont été recommandés. Il faut donc réétudier les algorithmes pour les rendre plus humains. Le Big Data, c’est avant tout des données à propos des gens. Il s’agit d’augmenter la valeur de la musique pour l’artiste, pour le fan, pour le festivalier… Il ne s’agit pas de vendre de la publicité ou des produits, mais d’améliorer l’expérience utilisateur. A ce jour, les 20 entreprises principales dans la data sont américaines ou asiatiques. Il est essentiel que des européens émergent, pour préserver la diversité et la pluralité de l’écosystème, et surtout éviter tout type de verrouillage par quelque société que ce soit.

 

Jennifer, elle, n’a pas peur des algorithmes exploitant des données. Elle s’inquiètera le jour où ce sont eux qui écriront les chansons.

 

 

 

Mais alors, qui possède les données rassemblées ?
 

 

Paul répond que les droits des utilisateurs demeurent. La société utilise les données, les stocke, et offre des outils pour les analyser. Mais les artistes doivent rester propriétaires de leurs données.

 

Rishi fait remarquer que dès que vous déballez votre téléphone, ou que vous l’allumez ou le déverrouillez, il se transforme en beacon. La vraie question n’est plus qui possède le données, mais la transparence et avec qui ces données sont partagées. Il ne s’agit pas d’analyser les données d’un individu, mais d’un groupe d’anonymes. Ensuite, l’idée est d’utiliser ces données pour faire progresser l’économie musicale. Pour lui, les données ont sauvé l’industrie musicale. Les CDs n’avaient pas de données. Les MP3 peu. Avec le streaming, on a chaque extrémité de la chaîne de valeur : ce que l’utilisateur a écouté avant, après, ce qu’il faisait, à quelle playlist il a ajouté le titre…

 

Pour Paul, les données doivent pouvoir couler d’un point à l’autre, mais ce n’est pas encore le cas : elles s’arrêtent généralement aux majors. Soit les majors n’ont pas la technologie nécessaire pour présenter les données aux artistes, soit elles ne leur présentent pas parce qu’elles pensent pour une raison ou un autre que cela leur donne un ascendant.

 

Steve insiste sur le fait que la donnée devrait être libre, mais pour autant elle a une valeur. Les labels comprennent que la donnée et une partie de la valeur apportée aux artistes. Pour lui, la clé est que les artistes voient les données et les comprennent. Auparavant, on se demandait combien de streams équivalaient à un téléchargement. Mais encore une fois, ce n’est pas le sujet. Le sujet est ce qui se passe derrière le stream.

 

Rishi prend l’exemple de Taylor Swift : dans ce cas, la major savait qu’elle avait dans les mains l’un des albums de la décennie. Ils ont utilisé les données pour une analyse transactionnelle et ont pris la décision de retirer l’album de tous les services, excepté Youtube.

 

Concernant la transparence, Jennifer espère qu’on en arrivera au point où les utilisateurs sont propriétaires de leurs données, et les proposent aux services et marketers. Il faut avoir l’intégrité de respecter la vie privée de l’utilisateur. Certains programmes proposent de bénéficier de différents services de manière anonyme, mais les gens cherchent également une expérience, que seule la donnée permet d’offrir.

 

Concernant la relation aux marques, Dominique fait remarquer qu’elle doit être pertinente. La marque ne doit pas être présente sous forme de papier peint, pour simplement afficher son logo. Le partenariat d’Uber avec Spotify a du sens : ce faisant, les deux sociétés améliorent l’expérience de leurs utilisateurs.

 

Steve rebondit avec cette vérité : tout le monde n’est pas un superfan. Si l’on veut reconstuire une économie d’accès scalable, il faut s’adresser à une foule bien plus vaste que les superfans. Même si un utilisateur a une relation casual à la musique, il est possible de designer la bande-son de sa journée. En délivrant la musique appropriée au moment où l’utilisateur court, se rend au travail, se couche, on crée une expérience suffisamment valorisable pour l’utilisateur.

 

Pour Paul, il est tout à fait possible que les fans finissent par devenir loyaux à la marque Spotify plutôt qu’à l’artiste. C’est une relation entre les fans et un service. Ce n’est pas la manière dont nos parents écoutaient de la musique, mais Spotify devient l’ami en qui vous avez confiance, et qui joue la musique que vous allez aimer. Paul n’a pas d’opinion sur ces faits : bien ou mal, c’est la direction que nous prenons.

 

Les questions sont ouvertes au public, et je fais remarquer que l’on a surtout parlé de données concernant la musique enregistrée. Qu’en est-il du live ?

 

Evidemment, des acteurs comme Bandsintown, Songkick ou les différents services de billetterie occupent déjà ce terrain. Pour Paul, la question devient alors “Comment connecter les deux” ?

 

Rishi explique que la programmation de Coachella est en partie basée sur la data, en fonction de ce qui buzz au moment du festival. C’est grâce aux données de services de streaming et de bitly que Hozier a été programmé cette année.

 

Steve donne ensuite l’exemple d’un agent à Nashville qui a signé un artiste après avoir vu ses données Spotify. L’artiste tourne maintenant dans tous les Etats-Unis.

Looking ahead: exploring new digital trends and their accompanying tools | #MIDEM2015

digital trends in music

Date : Vendredi 05/06, Day 1

Intervenants :

Claire Mas fait le point sur les tendances digitales dans la musique et en communication digitale aujourd’hui, les outils disponibles, et la marche à suivre pour les artistes sur cette question.

 

UGC

  • On est passé du like au partage et maintenant au User Generated Content
  • L’UGC n’a pas forcément bonne réputation, puisqu’il peut être vu comme du vol…
  • Mais d’un point de vue marketing, c’est un outil puissant
  • Des services comme Fusic (rencontre entre la musique et le selfie) ou encore le True Tube d’Avicii témoignent de cette tendance

 

Les plus connus des inconnus

  • Les influenceurs prennent une place de plus en plus importante (cf Pewdie Pie)
  • Ils sont présents sur un grand nombre de plateformes : Youtube, Instagram, Snapchat, Tumblr, Vine…
  • On leur reproche souvent de ne pas être monétisables, mais des exemples récents prouvent le contraire

 

Video Show Down

  • La vidéo est le nouvel or des réseaux sociaux
  • la pénétration mobile a rendu ceci possible, avec l’augmentation du débit notamment
  • Facebook s’est lancé avec succès sur ce segment, portant le premier coup à Youtube : d’un mois sur l’autre, Beyonce s’est mise à poster se vidéos sur Facebook
  • La vidéo bénéficie d’une audience bien plus importante que les autres contenus sur Facebook : Facebook a par ailleurs ajouté des possibilités de call to action et des services d’analyse statistique
  • Néanmoins, Facebook ne permet pas de les monétiser : il est donc conseillé de réserver les contenus courts à Facebook, et de continuer à poster sa musique sur Youtube
  • Facebook ayant ouvert la brèche, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés, mettant fin au monopole de Youtube : Twitter, Vessel, Chew, Twitch…

 

Les apps de messagerie instantanée

  • WhatsApp compte 700M utilisateurs, quand Facebook Messenger en rassemble 600M et WeChat 500M
  • Line compte 181M mais est plus adapté au partage musical : l’app est utilisée par Paul McCartney, Taylor Swift, Katy Perry, Linkin Park, Maroon 5… Elle permet d’envoyer un message à tous ses followers, et s’apprête à lancer un service de streaming

 

Snapchat

  • Snapchat compte aujourd’hui entre 100M et 200M d’utilisateurs, dont 100M daily active users
  • Snapchat est allé à l’encontre des codes et a enlevé la pression liée à la permanence des posts sur les réseaux sociaux pour les adolescents
  • Le service a ensuite lancé “Your story”, à mi-chemin entre public et privé
  • Snapchat permet également de poster de nombreux contenus qui, s’ils étaient publiés sur Facebook, prendraient une apparence plus confuse et désordonnée
  • C’est également un service qui engage de manière terriblement efficace : sur Snapchat, il faut rester appuyé pour voir le contenu, le consommateur n’est donc plus passif et fait preuve de proactivité vis à vis des contenus qu’il reçoit
  • Discover a également fait son apparition : Snapchat se moque du nombre de “likes”, l’app met en avant ceux qui créent du contenu intéressant
  • Enfin, un leak récent a révélé les ambitions de Snapchat dans la musique… Stay tuned!

 

Retargeting

  • Le retargeting est le fait de voir apparaître une pub sur Facebook pour les chaussures que vous avez regardées la veille sur Internet
  • Jugée comme intrusive, cette technique devient en revanche appréciée s’il s’agit d’annoncer la sortie d’un nouvel album ou d’une nouvelle tournée
  • Les sites officiels d’artistes ne sont pas les plus visités, il est donc plus intéressant de faire du retargeting depuis des plateformes comme Youtube
  • Il faut également prendre en compte le type de téléphone utilisé par le fan (difficile d’ouvrir un lien iTunes sur Android) et le fait qu’il soit connecté ou non au Wifi (plus de réticence à regarder une vidéo de 6 minutes sur son data plan)
  • Linkfire permet de générer des liens de tracking de manière très efficace

 

Curation

  • La curation est de plus en plus présente
  • Des plateformes comme Digster, Filtr, Playlistim se positionnent comme des influenceurs de bon goût
  • R et Digmark possèdent d’immenses bases de données de playlists
  • Les artiste devraient tous mettre en avant le bouton Spotify “Follow me”

#MIDEM2015 | Wrap Up

Day 1

 

Day 2

 

Day 3

  • Marketing – Music data as a competitive weapon
  • Big Data sets the pace for music
  • The MediaShaker’s Session – Social media analysis for MIDEM
  • Embracing entrepreneurship: new music business models

 

Les articles n’ayant pas de lien attaché ne sont pas encore disponibles. Nous aussi, il faut qu’on dorme 😉

Translations coming soon

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